La ronde Aliénor d’Aquitaine 2018, sans faux col (SOULOR) du Gilou…

Fin 2017, Patrick GRÉGOIRE nous proposait de participer à la 2ème ronde Aliénor d’Aquitaine en juillet. Il me faut un 2ème 1200 km pour mon brevet de randonneur 10 000 km, donc je m’inscris conscient de la difficulté et, ce sera aussi mon 1er vrai col « de montagne » après celui du Manet...

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La 2ème ronde Aliénor d'Aquitaine : http://1200desraa.blogspot.fr, est un brevet des randonneurs mondiaux cyclotouriste de 1200 km à vélo (10 000m de dénivelé avec le col du SOULOR à 1474m), à réaliser en moins de 90 heures (3 jours ½). En 2018, elle part le dimanche 8 juillet 2018 à 20h00 de SAINT-MEDARD-EN-JALLES près de BORDEAUX, vers le Périgord, puis le Sud-Ouest, les Pyrénées, le Pays Basque, HENDAYE et revient par LES LANDES, ARCACHON, le bord de mer, et enfin LE BORDELAIS avec ses grands châteaux...

 

Les BRM de préparation commencent en mars 2018 avec l’équipe du VCMB, et s’enchainent. Il me manque beaucoup des km pour mon brevet ACP de « randonneur 10 000 km », au final : 3 x 200 km (avec Bruno par –2°C), 5 x 300 km (avec Élodie, puis Didier, puis Pascal & Yvon), 2 x 400 km (la mer à HONFLEUR, ma chute et mon nouveau casque), 1 x 600 km (avec Didier & Frédéric) et le final avec le BRM 1000 km de Ménigoute (avec Hervé de Bois-d'Arcy). Ça y est, j’ai mes km nécessaires, même trop car je me suis trompé dans mon calcul. Il était temps que cela finisse, je suis fatigué, mais ils m’ont tous apporté quelque chose : le bon rythme, le choix du bon groupe, le rouler ensemble mais surtout le rouler seul longtemps, la grimpette de Vulcania en Auvergne, mes sandales, etc. le tout avec une belle « brochette » de nouveaux sur nos longues distances VCMB... C’est super de voir la relève arriver ! Donc, repos total avant la RAA en accompagnant en voiture (+ remorque) la sortie d’ETRETAT du club VCMB de fin juin.

 

Nous n’avons pu organiser le covoiturage. Je pars tranquillement le samedi 7 juillet 2018, avec une nuit avant Bordeaux où le lendemain, je passe chercher Jean-Luc LEBON à la gare St Jean, puis nous rejoignons SAINT-MEDARD en JALLES vers midi. Contrôle des vélos et nous passons chercher nos kits où l’on retrouve une jolie plaque décorative en bois, une plaque de cadre et la feuille de route. L’attente va être longue jusqu’à 20h. Il fait déjà très chaud !

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J’ai vu qu’un russe va faire le parcours : OLEG. Je le recherche, j’aime la Russie ! Comme d’habitude, il arrive « à la russe » (cool) et découvre que son cadre de vélo est fêlé. On lui en prête un vélo, puis 1h avant le départ, il s’aperçoit que son GPS n’a pas la carte de France. Je lui en transfère une... Les russes et la planification, ça me rappelle le Paris-Brest 2015. Ma 1ère BA qui se termine bien, 20’ avant le départ, mais il m’a mis en retard... Oleg, je le reverrai plusieurs fois sur le parcours, et il validera son RAA.

 

20180708 raa gilles nedelec 02 equipe vcmbJe suis enfin prêt. L’équipe VCMB m’attend (Lionel CUPIF di Yoyo, Jean-Luc LEBON dit Pédalator, Daniel PIOFFET dit Papy, Bruno ROBITAIL dit Brunator et Christian HELMSTETTER du CT Maurepas), mais ils sont habitués à mes départs sur le fil lors de nos BRM… Nous prenons des photos souvenirs, et nous préparons à partir dans le sas vers la fin de la file.

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Dimanche 8 juillet 2018 à 20h11, c’est notre départ. La 1ère partie, se fait sur la piste cyclable, qui est assez pénible avec ses traversées de routes et l’excitation du départ, trop rapides… Le point d’orgue est la traversée de la Garonne sur le pont d’Aquitaine. Vivement que les 50 km passent pour aller dans le Périgord, même si cela monte… On s’arrête pour saluer les amis de Bruno venus à sa rencontre. Nous roulons en groupe VCMB constitué au milieu des autres cyclos. Je n’aime pas trop, car les rythmes sont assez décousus, les cyclos nerveux et ça commence à râler du côté de Papy, Jean-Luc, etc. : « pas trop vite », plus vite, plus court les arrêts… C’est aussi la plus longue étape et de nuit.

 

Au bout de 6 heures, lundi 9/7 à 2h51, enfin le 1er contrôle VAUNAC (167km) perché au milieu de nulle part, mais le bienvenu. Nous avons roulé à 26km/h de moyenne, pour 918m de dénivelé : « trop vite les gars ! » Nous répète Daniel. Oui, il a raison, mais le but était de créer un écart pour se dégager des groupes. Petite déception pour la 1ère restauration, un peu simpliste (pain et un peu de confiture ou trace de rillettes), le gobelet de coca ou de sirop à 1€ ! Après, cela va bien s’améliorer… Au départ, quelques pertes de temps, on se cherche, on repart VCMB groupé à 6…

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A 7h15, nous arrivons à CHARTRIER (C2, km 244, D+ 1800m) avec un contrôle perché en haut d’une longue côte à au moins 12%, mais un accueil super sympa pour le bon petit déjeuner au soleil… Cette étape était roulante et grimpante. Pressé, Jean-Luc et Christian partent devant…

 

20180708 raa gilles nedelec 08Sur la route, nous doublons un américain AHMID (il fait plusieurs 1200km et ensuite va en Italie pour un « multi-cols »). Il travaille à la NASA et roule avec un copain. Il nous suis en retrait. Puis, nous doublons un espagnol. Je me dis que là, ma conversation va être limitée, voire nulle. Nous le passons rapidement. Nous roulons assez groupé dans toutes ces grimpettes…

 

Km 272, St Genès : « l’accident ! » Un stop sans visibilité avec un angle droit. Nous tournons à droite et une petite côte. Daniel est en arrière, j’entends un BANG. Je me retourne, un vélo est à terre et un véhicule arrêté 100m plus bas. Demi-tour, je demande aux autres de m’attendre et j’arrive sur le cyclo à terre. Ouf, ce n’est pas Daniel ! Le cyclo a grillé le STOP et percuté une voiture. Le conducteur est choqué et crie, les gens demandent d’appeler les pompiers. Je me porte à la hauteur du cyclo (encore seul). Il est inconscient, convulse et saigne de la tête (oreille, bouche). Là, les réflexes de notre formation secourisme et du PSC1 reviennent : « le PAS (Prévenir, Alerter puis Secourir) ». Nous sommes au milieu de la route mais en Sécurité, on me passe les Pompiers qui après la description déclenchent Pompiers et SAMU (de SARLAT à 15km) et je place le cyclo (espagnol) en presque PLS afin que le sang s’évacue et ne l’étouffe pas. Il ne répond pas ou peu, même aux sollicitations (en espagnol). Je cherche son pouls, mais je ne le trouve pas, puis une infirmière cyclo de la RAA s’arrête. Elle trouve un pouls… Mais elle veut repartir, je lui demande (fermement) de rester jusqu’à l’arrivée des secours. Oui, s’il ne respire plus, il faudra faire les massages cardiaques. Le temps est long, long, très long… Les pompiers tardent, ils arriveront en même temps que le SAMU qui lui prend tout de suite le cyclo espagnol en charge. Il sera évacué en hélicoptère et était encore dans le coma lors de notre arrivée. Après avoir nettoyé le sang, passé les infos à la gendarmerie, je repars. Daniel m’attend plus loin et nous retrouvons les autres au contrôle suivant. Plus tard dans la nuit, AHMID (USA) me dira que l’espagnol essayait de nous suivre d’où surement la fatigue et ce STOP piégeux. En partant, je revois mes gestes et verbalise mes oublis (gants)… Mais pas si mal pour une intervention à chaud. Je suis assez satisfait de ma gestion, pas si évident pour un amateur. Des cyclos seront choqués par cet accident et un abandonnera à sa vue. C’est ma 2ème B.A. !

RAPPELS DE SECOURISME : le 1er P.A.S. (Prévenir le sur-accident, Alerter les secours puis Secourir la victime), ne jamais rester seul, libérer l’espace et demander l’aide des témoins.

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LES EYZIES DE TAYAC (km 295, D+ 2135) à 10h45, Yoyo retrouve sa femme et ses filles. Dommage, mon équipière au long cours, Élodie, n’a pu venir. J’aurais eu plaisir à la voir… Puis la journée passe avec ses petites grimpettes, les paysages verdoyants du Périgord. Bruno se rappelle être passé là lors de notre BRM 1000, il y a 2 ans… MONPAZIER (km 335, D+ 2595m) est atteint à 12h45 pour le déjeuner.

 

19h30 NERAC (km 435, D+ 3423m), j’arrive avec Daniel avec qui je roule depuis le départ. Il se plaint de début de tendinite, de ne pas être bien. Il râle le papy. Lui, il l’a déjà réussi son RAA, donc il connait les difficultés à venir. Sagement, il décide de s’arrêter et de repartir vers Agen d’où il prendra le train avec un autre cyclo. Bruno a ses copains qui sont venus nous encourager. Nous échangeons quelques blagues et des verres (eux de bières et nous, de coca…). Yoyo et Nono continuent pour aller dormir à 500km où leurs sacs les attendent... Moi, autonome donc pas de sac, après un bon diner et une bonne douche fraiche, je vais me coucher dans le gymnase pour quelques heures, avec un départ tôt vers 3h du matin : « sage décision car je suis fatigué de ces 24h de vélo ! » La nuit sera courte mais super bonne. Au lever, je croise Joël RIBAULT qui arrive pour se coucher. C'est aussi cela les longues distances...

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Arrivée à LE HOUGA à 4h (km 500, D+ 4233m) où partant, je croise Bruno et Lionel qui se réveillent. Je suis content de les revoir, même quelques minutes. Ils vont surement me doubler vers SOUMOULOU où j’arrive avant eux, bizarre à 8h10 (km 568, D+ 4721m). Ils se sont perdus plus de 10km... Les bénévoles nous proposent la fameuse « Garbure » (soupe locale à la viande). Dommage, c’est un peu tôt pour moi et je ne prends pas de risque alimentaire... La route est belle, mais cela monte bien. Je suis content de mon rythme et je me rapproche du fameux col du SOULOR dans 50 km. Le parcours est sympa mais les routes peu roulantes. La météo semble favorable. On verra arrivé sur place...

 

Mardi 10 juillet à 10h30, j’arrive à ASSON (km 588) au pied des Pyrénées et de ma Montagne. On peut y laisser ses affaires pour alléger son vélo. C’est important pour moi qui roule en autonomie complète (donc plus chargé) et surtout pas grimpeur pour un sou. Je discute avec les locaux sur la météo, qui sera favorable, sur le comment monter au mieux ce col du SOULOR, sur les sources d’eau, puis je décide de dormir 1 heure (ma bonne idée). A 12h, je pars. La 1ère partie est assez plate, ombragée, sympa en longeant un torrent « L’OUZOM ». Ça monte un peu, mais la route est belle car le Tour de France va y passer, donc pas de trou et des abords en fauche... Je croise Christian en pleine vitesse qui me fait un grand signe, il est suivi de Jean-Luc dans sa roue. Je l’aime bien ce Christian, toujours jovial, discutant et lui aussi débutant mais quelle force… C’est bon pour mon moral, je ne suis pas donc pas si loin. Mais moi, il me reste le col du SOULOR à gravir…

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20180708 raa gilles nedelec 09b col soulorAprès 25km, j’arrive à FERRIÈRE au pied du col et de ses 11km de grimpette. Je remplis mes bidons d’eau, me rafraichis bien, puis c’est parti ! Virage en épingle à cheveu (à 330°), ça grimpe dur, je change de plateau, je suis rapidement sur le 28, puis 32, je jette un œil devant : 150m de montée mini, 12-13% sur le GPS... Je souffre dur, c’est le raidillon dont ils m’ont parlé, après, un virage à gauche je ne vois rien. Si, c’est cela le SOULOR sur 11km, ce sera l’horreur… Non, les locaux m’ont parlé d'un « raidillon au début », accroche-toi Gilou et avance ! Je baisse les yeux, mes jambes me brulent mais je grimpe lentement, le virage arrive puis la pente se radoucit à 5-6%. Ça y est, j’ai vaincu « la montagne » (dans ma tête), Daniel m’a dit : « tu moulines, tu moulines et tu moulines… » Donc, je mouline à mon rythme (doucement), sans forcer ! Et c’est vrai, j’avance, doucement de 8 à 11 km/h, mais j’avance... Je découvre les panneaux tous les km avec les indications de pente moyenne 5%, 7,5%, 8%... Une fois mes esprits repris, le moral revient et je me cale sur mon allure cyclo et enfin je peux regarder sur le côté. C’est magnifique ! Oui Christian (GRALL), tu as raison la montagne est magnifique, mais la prochaine fois, j’éviterai de faire 600 km de vélo avant… Bon, un coup d’œil devant et là, c’est haut, trop haut ! Non, tu montes, tu passes les virages et quand tu te retournes, c’est magnifique, tu as avancé...

 

Je croise Bruno et Lionel, en pleine vitesse de descente. Moi, j’en suis au km 3, il en reste 8. Ça a duré quelques secondes, dommage j’aurais bien tapé un brin de causette ! Mais il faut reprendre l’ascension. Arrivée au petit village avec l’église, et ça grimpe. Mi-chemin, je décide de faire une pause et de prendre un gel (du sucré) pas nécessaire mais je joue la sécurité. Les moustiques et les taons s’invitent, je repars après en avoir tué 20… Sales bestioles qui vous piquent même en roulant. Et hop, maintenant la voie se dégage, mais le dénivelé augmente 7,5% de moyenne, cela veut dire 9% au GPS mini quand ça monte. Mon 34/32 passe, bon investissement, avec le 34/28, j’aurais marché les 11km... Et les lacets s’enfilent, la vue est de plus en plus belle et le Gilou plus décontracté. Je croise des vaches, il faudra faire gaffe dans la descente. Il fait beau et j’ai chaud, je passe sur un ru, et décide de me rafraichir. L’eau est claire et glacée. C’est bon, je me rince la tête mais aussi les jambes, il faut refroidir les muscles, un autre gel (trop sucré). Et Hop, je repars vers le final des 3 km… Les derniers lacets sont en pente douce. 14h35, j’y suis arrivé : j’ai vaincu mon 1er col, le SOULOR à 1474m, en moins de 1 heure 30 d’ascension.

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Au sommet (de mon art), je vais à l’office de tourisme mais la demoiselle ne peut pas tamponner ma carte : « ce n’est pas le même département ! » Donc refus pour « aberration administrative » à la française… (sans commentaire). Je prends ma photo, rempli mes bidons d’eau du SOULOR. La descente est prudente. Les paysages sont superbes. Je me suis régalé ! Vivement le bas car j’ai mal aux doigts ? Rappel : en descente, on effectue un freinage par à-coups afin d’éviter la surchauffe... Avec le recul, quelle belle ascension, ce 1er col du SOULOR ! J’ai bien fait d’écouter les anciens, de monter à mon rythme, de faire ces 2 pauses et de me rafraichir dans ce ru…

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Retour à ASSON (km 646, D+ 6194m) à 16h30, ma récompense m’attend : « la Piperrade et un super menu local ». On m’offre de la tomme locale excellente, j’adore ces moments de réconfort et comme dirait Nono : « il faut bien nourrir la bête !.. » Je tape la causette avec un allemand Wolfgang. Repu, le vélo rééquipé, je commence la traversée des Pyrénées, plus de col mais de la bosse… En route, je rattrape un breton de Pontivy, ex-parisien de Chilly, et nous roulons ensemble vers un ciel bien sombre, du nuage et du vent. Quelques gouttes, je vois une maison avec un beau balcon. Nous nous arrêtons puis des cyclos passent, Wolfgang nous rejoint. Les gouttes grossissent et c’est la nuée d’orage… Bien vu Gilou, tu es à l’abri : bon timing cette fois ! Le propriétaire sort, nous échangeons et buvons, puis il rentre regarder le match (de foot). L’orage fini, nous repartons. Personne sur les routes, la coupe du monde de foot a du bon… Nous arrivons à SAUVETERRE DE BEARN à 22h (km 726, D+ 6620m), le moral est bon : « la France est en finale à Moscou ! »

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Une bonne douche, un petit repos, un petit déjeuner avec des pâtes froides à 1h du matin. Maintenant, c'est la traversée du pays Basque, de nuit ! Dommage, oui mais non, je ne regretterai pas. Tiens, je n’avance plus très vite, oui le GPS annonce 8%, et s’enchainent les côtes et les descentes… Usant, je rattrape Ahmid (USA) et son ami qui roulent tranquillement. Au bout de 70km à Saint-Pée, j’ai 900m de dénivelé… Je décide d’aller dormir 2h dans un distributeur de billet puis petit déjeuner réparateur à l’ouverture… Ça grimpera encore vers HENDAYE (km 818, 7860m) que j’atteins ce mercredi 11/8 à 9h. Là, oui Nono, juste un peu à boire et plus de Food Truck ! J’ai du temps. Diantre, mais NON, car je me suis calé sur les limites de temps des départs du lundi à 5h. Donc point de repos et hop sur mon vélo.

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Je me perds au départ d’HENDAYE, puis en longeant les bords de mer : « j’entraperçois le rocher noir, la mer, les plages, les vagues. J’adore ! Je me serais bien baigné, mais j’ai oublié mon maillot… » En quittant HENDAYE, je croise Oleg qui ne me reconnait pas, puis Joël qui me salue… Content de les voir encore en piste et presque dans les temps. Maintenant, cela va être tout plat me dis-je ? Et bien non, pas encore… Quelques belles côtes, nous allons emprunter le parcours du contre la montre individuel du Tour de France. Oui, on leur fait une reconnaissance aux Pros… Mais, la route est variée et pittoresque. J’arrive à St PIERRE D' IRUBE, à 12h15 (km 869, D+ 8300m). C’est le pays du piment d’Espelette, je suis arrivé à la bonne heure et le repas est excellent : « grillades, pâtes, coca et tarte aux pomme ! ». J’y déguste ma 1ère Chistera, une excellente saucisse basque. Je retrouve Kim (chinois, cheveux longs, en vélo couché, vu sur les BRM, parti lundi), Oleg (le russe) et mon ami Yvon de Chartres (organisateur de BRM, aussi en vélo couché). Il a abandonné au SOULOR (montée impossible avec ses pignons) et rentre tranquillement. On en reparlera plus tard… GAG : Oleg me montre de l’eau sur sa carte GPS, (oui, je ne lui ai pas dit, mais dans l’urgence, j’ai descendu la carte de 2010, et le gymnase n'était pas encore construit…).

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20180708 raa gilles nedelec 16 landes fatigueAprès ce bon repas basque, je pars vers LES LANDES. Super, ça va enfin être tout plat… Mais avant cela, nous traversons BAYONNE, les bords de l’Adour sont sympas sous le soleil et un peu de cyclo-cross dans une longue rue en travaux d’été sur 1km. Puis rapidement, je rejoins les pistes des Landes. Il fait chaud, très chaud et le vent de face souffle fort, et bien de face !.. Les pistes sont roulantes, parfois encombrées et régulièrement entrecoupées de petites routes. Prudence, vigilance malgré la fatigue et LES LANDES ne sont pas la partie la plus agréable de la RAA. Vers 17h00, je fais une pause à LÉON où je me re-sucre avec des « veloutés pyrénéens » (compotes avec fruits), des pêches et du coca. Cela me fait du bien. Un SMS à mes supporters, MIMIZAN n’est plus qu’à 40 km que je suis un peu las avec le soleil et le vent toujours fort. 

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Enfin, j’arrive à MIMIZAN (km 965, D+ 8650m) à 19h08. L’accueille est sympa. On me conseille une douche et un peu de repos, surement au vu de ma tête. Conseils que je suis, donc repos pour 1h après une bonne douche. Heureusement, que j’ai mis mon réveil personnel car mon sonneur local ne viendra jamais… (Conseil de randonneur : gère ton horloge toi-même, voir récit de Bruno…)

 

En partant, je retrouve Yvon (mon ami de Chartres) en vélo couché. Un café, et je lui demande de finir ensemble. Il accepte avec plaisir. Merci Yvon ! La fin sera agréable malgré le chemin landais granuleux, sans voiture mais moyennement roulant. Nous partons, moi dans la roue d’Yvon, puis au cours de la nuit, je me ressource et nous passons les 1000 km avant minuit. Photo au Muret, et nous continuons en alternant piste cyclable et routes désertes. Nous rattrapons mon ami breton, puis Oleg qui a perdu son téléphone sur la route. Mon russe étant primitif, nous arrivons tous les 4 à ANDERNOS LES BAINS à 1h45 (km 1056, D+ 8786m). Nous allons dormir jusqu’à 4h, sauf que plus de place, on nous trouve un matelas dans un couloir mais là, ils ont laissé "une tronçonneuse" en marche ! Euh non, un cyclo hyper ronfleur ! Je ne ferme pas l‘œil. J’ai un peu froid, je vais chercher mon sac de couchage en soie, et la dodo en 2 minutes… Moralité, ne change pas ton protocole ! Au réveil, nous sommes seul, un café et des rillettes. Yvon part devant pour faire des photos à LACANAU PLAGE (mon erreur !). Mon déjeuner, reste un vélo, les bénévoles me demande quoi faire ! je leur dis d’aller le réveiller, oui rater son RAA après 1000km pour gros dodo comme Joël sur son BRM 1000km n’est pas envisageable. Ils ont eu du mal à le trouver… Je pars et roule à 28-30 km/h sur les routes et pistes. Je croise deux cyclos en sens inverse, bizarre puis je continue. A une intersection, mon GPS me dit à droite, une flèche sur la piste à gauche, puis le GPS m’indique une autre direction. C’est bien ma veine, ces bugs ! Je suis le GPS car à 5h personne, puis à un croisement de route, je vois une voiture, je l’arrête ! L’autochtone me regarde avec un sourire : « tu vas où ?, à LACANAU par là, ah non LACANAU, c’est par là-bas de l’autre côté. Mais, non ! mon GPS dit à droite. Non, à gauche, tu roules tout droit sur 10-15 km ! » Horreur, je me suis perdu comme un bleu ! J’avais 2h d’avance, maintenant je les perds. Bon appelons Yvon, zut, je n’ai pas son numéro. Ah, mais tu as ton smartphone ! Pourvu que la 4G, Ouf, 4G, je retrouve l'émail avec le téléphone d’Yvon. Il a pris ses photos et m’attend à LACANAU, sous le panneau pour la photo… Une belle frayeur qui nous a fait perdre 1h, mon GPS avait accroché l’arrivée de ST Médard suite à mon erreur de parcours, car j’ai laissé « calcul route automatique »… Je comprends les deux cyclos croisés, ils auraient pu me dire un mot !

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Nous arrivons à LESPARRE à 10h (km 1152), le denier contrôle avant l’arrivée, après avoir enduré les pistes landaises et ses routes granuleuses, pas très agréables en fait ! Un petit repas pour reprendre des forces et nous voilà partis pour la DER… La route est belle, le vent nous pousse, le soleil s’est levé, ça fonce bien ! Nous passons au milieu des grands crus et de ses châteaux, de magnifiques bâtisses et vignobles… Yvon crève, on répare en 15 min, il avait oublié de regonfler son pneu (la fatigue)... Pas grave, à deux tout va plus vite ! Cette dernière étape est vraiment très agréable et elle sent bon l’écurie… Nous arrivons à 13h25 ST MEDARD en JALLES (km 1217, D+ 9149m) en gérant nos derniers efforts. Je suis super content, ma ronde RAA 2018 est validée en 89h15 comme « finisher » : BRAVO Gilou ! Tu l’as faite, pas de bobos mais des jambes douloureuses et une envie de boire…

 

L’accueil du club de St MEDARD est vraiment sympa, photo, boisson, repas et débriefing avec les autres participants sous les pins au soleil. On échange, se raconte nos aventures, nos vélos et nos dadas... 20180708 raa gilles nedelec 18 carnet arriveeDésolé pour le manque de photos, mais un brevet BRM de 1200km n’est pas vraiment une ballade touristique, plutôt une ballade sportive avec de bons moments et des belles rencontres cyclistes.

BILAN :

J’ai particulièrement apprécié l’accueil des bénévoles, leur gentillesse et leurs spécialités culinaires… Mais aussi, le parcours de la RAA : difficile et varié, bien plus dur qu’un Paris-Brest, avec : mon 1er col du SOULOR et les magnifiques paysages de montagne, du Périgord et du pays Basques, les trop rares bords de mer et les châteaux bordelais, les échanges avec les autres cyclos et les quelques étrangers (allemands, USA et russe) ; mais aussi les sorties avec mes compères du VCMB lors de la préparation et au début de la RAA. Quel plaisir d’avoir validé ce défi personnel, en accomplissant quelques exploits montagnards et même une intervention de secourisme… Bravo Gilou, encore un effort avec la super randonnée (600 km de montagne) et tu l’auras ta médaille ACP de randonneur 10 000 km !

CONCLUSION - CONSEILS

Tout cela pour vous dire, qu’un BRM 1000km ou 1200km est à la portée d’un « cyclo moyen », motivé et préparé. Si le cœur vous en dit, surtout faites-le !

« Voyez ! » : Je suis un cyclo du groupe 3 au VCMB (nous en avons 6). Côté montagne, je ne suis pas un grimpeur, c’était mon 1er col de montagne. Je me suis préparé simplement avec les sorties du dimanche et des BRM, à minima : 200km, 300km et 400km (avec la nuit) et un 600km (nuit) ou un autre 400km. Il faut apprendre à se connaitre et à gérer : son endurance, ses souffrances, son alimentation, son sommeil et son rythme.

Note : rouler à 26 km/h + 1 pause de 5 min = rouler à 24km/h de moyenne. Donc pas besoin d’être super rapide mais, il faut bien gérer ses arrêts et repos.

L’idéal est d’être dans un club cyclo ayant une culture « longues distances » comme le VCMB Montigny-le-Bretonneux (78180), où l’on profite du savoir, des conseils et des erreurs des anciens…

REMERCIEMENTS

Au club de Saint-Médard-en-Jalles pour son accueil et son organisation. A tous les bénévoles sans qui nous n’aurions pu réaliser notre RAA. Ils étaient plus nombreux que les inscrits…

A mes amis du VCMB, de la team « longues distances », qui m’ont et que j’ai accompagné lors de ma préparation et de la RAA. A mes mécanos Bernard et David pour leur précieuse aide.

Enfin, à Marina (ma chérie) qui m’a libéré tous ces weekends de préparation et de vacances…

QUELQUES CHIFFRES DE MA RAA

Préparation du Gilou : 5600 km (hors RAA) depuis le début 2018, dont 4300 km de BRM
Participants RAA : 200 partants, 118 à l’arrivée. Il y avait 250 pré-inscrits en mars.
Kilomètres parcourus : 1230 km parcourus. Je me suis perdu 15km dans les Landes…
Dénivelé : 9149 m dont mon 1er col vers le km 600 ; le col du SOULOR à 1474m, sur 11km, 12% puis 9% récurrent monté en 1h30
Temps total : 89h15 dont 45’ d’arrêt sur l’accident, Temps de déplacement : 56h30
Moyenne roulante 21,8 km/h

Participants VCMB - 5 cyclos : Lionel CUPIF (grp 1), Jean-Luc LEBON (grp 3), Gilles NÉDÉLEC (grp 3), Daniel PIOFFET (grp 2) et Bruno ROBITAIL (grp 2).

Également: Joël RIBAULT (MBDA) et Richard LEON (2 anciens du VCMB), Christian HELMSTETTER ( Maurepas, récit : www.ctmaurepas.fr/?fond=news&id=925 ), Yvon LE COAREC (MSD Chartres), Oleg (Russie, Oural).

Côté vélo et équipements du randonneur

Mon vélo est un SPECIALIZED Roubaix 2013, rééquipé d'un groupe Shimano Ultegra 6800, 11 vitesses, plateau 34/50 et une cassette 11/32 (spéciale BRM 1000 km, RAA et SR). Le pignon de 32 a été primordial et m’a permis de passer toutes les difficultés, lentement mais surement sans mettre pied à terre …

Côté accessoires :

- un GPS Garmin 820 Explore (le parcours RAA est divisé en 4 traces GPX de 5000 points).
- Lumière : une roue avec une dynamo Shutter Precision PV-8 et un phare 70/90 Lumens - Bush & Muller IQ-2 Luxos U avec chargeur USB intégré, et une lampe arrière sur dynamo + une de secours BBB ; une frontale Géonote (Décathlon) 210 lumens sur batterie (arrière du casque)
- Roues MAVIC de fabrication maison (VCMB) par David LANGRÉE, à l’avant 32 rayons (1,8mm) et une roue arrière 36 rayons (2 mm),
- Pneus Continental Gator (idem au 4000S II, mais avec un radial renforcé),
- un porte bagage XX, avec fixation sur le serrage rapide arrière TUBUS et un serrage de selle
- Sacoche avant moyenne GAUDE et arrière MTX.
- Sac de couchage en soie pour la nuit et 1 couverture de survie
- Accessoires de réparation

Côté friperie :

- le maillot manche courte du VCMB,
- 2 cuissards ASOS et VCMB, gants avec Gel pas trop serré
- jambières & brassières,
- coupe-vent et bien sûr ma veste de haute visibilité,
- Casque Catlite Whisper avec une lampe frontale Géonote 210 lumens (Décathlon)
- bandana et lunettes jour / nuit
- Aux pieds, mes sandales Shimano SH SD500 (3 chaussettes été et 1 hiver pour la nuit).

Côté alimentation :

- 5 gels « longues distances » de secours,
- un bidon d’eau/sirop et un bidon d’eau gazeuse (St Yorre), des cocas lors des arrêts.
- A préciser : comme tous les contrôles proposaient de la nourriture cyclos (sucres lents, pâtes, etc.) souvent très bien, cela facile la vie et la qualité ; sans parler des douches et lieux pour dormir. C’était le point fort de la randonnée RAA : les bénévoles et la logistique.

 

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